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Aujourd’hui,
je m’adresse à vous pour que, ensemble, nous en fassions
pleinement ce qu’il doit être : une grande force
collective de progrès pour les infirmières et les
infirmiers, les patients et le système de santé français.
Pourquoi avons-nous voulu un
Ordre des infirmiers ?
Parce que les soins infirmiers ne sont
pas un métier comme un autre. Ils relèvent, pour nous, d’un
engagement profond, au bénéfice de toute personne dans les
moments les plus sensibles et, souvent, les plus difficiles
de la vie. Les infirmiers jouent un rôle essentiel dans la
vie de nos concitoyens, qu’ils soient isolés, jeunes ou agés,
crucial pour les soins, la prévention, l’éducation et
l’accompagnement dans de très nombreux secteurs.
Conscients de ces enjeux
et du rôle que les infirmiers peuvent jouer dans les
évolutions à conduire, nous voulons aujourd’hui être
reconnus comme des professionnels autonomes,
responsables, et pouvoir influer sur notre avenir.
Parce que les soins infirmiers et leur qualité ne peuvent
être laissés à une seule logique économique et gestionnaire,
au détriment des patients que nous prenons en charge au
quotidien.
Avec la loi du 21 décembre 2006 qui a
créé notre Ordre national, les infirmiers ont
rejoint le petit nombre des professions majeures : celles
qui ont le privilège de s’administrer elles-mêmes en toute
indépendance. Nous sommes fiers de cette
reconnaissance enfin acquise.
Nous nous attacherons à en développer
toutes les potentialités.
Le législateur nous confie en effet de
nombreuses missions : définir et faire respecter les
principes éthiques de la profession, défendre son honneur et
son indépendance, développer sa compétence, conseiller et
soutenir les infirmiers, contribuer à promouvoir la santé
publique et la qualité des soins.
Enfin, seul parmi toutes les institutions
ordinales françaises, il doit “assurer la promotion
de la profession”.
Il ne peut être réduit à une
administration ou une juridiction ; ni même à l’ensemble de
nos 124 conseils élus (départementaux, régionaux et
national). Il coïncide vraiment avec la profession : chacun
d’entre nous va désormais être “membre de l’Ordre national
des infirmiers”.
Des tâches considérables nous attendent.
Nous nous y attaquons avec enthousiasme et détermination.
Quelles seront nos priorités ?
Nous devons dès les prochains mois
relever deux défis : bâtir les structures sans lesquelles il
nous serait impossible d’assumer nos missions ; et, en même
temps, commencer de servir au mieux la profession et les
patients. Nos premiers chantiers sont les suivants :
Définir et défendre une éthique
infirmière à l’écoute des enjeux d’aujourd’hui,
pour partager nos pratiques et les adapter de façon
responsable aux évolutions de notre société, en tenant
compte des situations inédites, depuis les services de
pointe jusqu’au domicile des patients.
Faire évoluer la pratique
infirmière dans tous les lieux d’exercice et
promouvoir un niveau de formation à la hauteur des
expertises cliniques que nous souhaitons développer, afin de
garantir la qualité des soins infirmiers et développer nos
champs d’intervention.
Soutenir l’évolution de nos
nouveaux rôles, dans le cadre des exercices
spécialisés déjà existants (IADE, IBODE, puéricultrices),
mais aussi pour ceux à venir (psychiatrie, prises en charge
des patients chroniques, premiers recours, …).
Faire entendre clairement la voix
des infirmiers dans tous les lieux de décision, en
France et en Europe. Pour cela, l’Ordre est la seule
collectivité formée des 490 000 infirmières et infirmiers
membres. Il nous unit tous.
La cotisation : quel montant et
pour quoi faire ?
Après une étude rigoureuse des charges
minimales à financer, et avec le concours d’experts
spécialisés, vos élus ont fixé la cotisation ordinale pour
l’exercice mai 2009/ avril 2010. Elle se monte à 75 euros
par an, soit 6,25 euros par mois, ou encore 20 centimes par
jour.
Bien sûr, tout prélèvement obligatoire
semble toujours trop élevé, au moment où il faut
l’acquitter.
Mais gardons-nous de céder à l’illusion
d’une politique dépourvue de moyens. Apportons la preuve que
la profession est capable de comprendre les réalités et,
mieux que quiconque, d’investir pour promouvoir la qualité
des soins infirmiers et son propre avenir.
Nous sommes conscients de nos
responsabilités envers vous. Nous avons donc fait le choix
d’un Ordre indépendant, efficient et transparent.
Indépendant, car
défendre et promouvoir l’indépendance d’exercice des
infirmiers suppose celle de l’Ordre national des infirmiers
lui-même. Pour réussir, nous ne pouvons et ne devons donc
compter que sur nous-mêmes. Seule la contribution de chacun
d’entre nous le permettra.
Efficient, c’est à dire
performant au meilleur coût. Pour vous conseiller et vous
soutenir au quotidien, contribuer à l’excellence des soins,
tirer vers le haut l’avenir de notre profession à la mesure
de son potentiel, nous devons avoir une crédibilité sans
faille. Notamment nous entourer des compétences
indispensables. Mais nous réduirons nos coûts au minimum
possible. C’est un très grand défi d’avoir fixé la
cotisation à 75 euros par an, alors que la plus basse de
toutes les autres cotisations ordinales françaises est de
125 euros. Nous ferons tout pour le relever.
Transparent : notre
budget est publié et nos comptes le seront aussi. 50% de ce
budget ira directement au plus près de vous, dans les
départements et les régions, 3% ira au Conseil national, le
reste aux services communs qui travailleront au bénéfice de
l’ensemble. Les sommes versées à certains élus, pour
indemniser leurs pertes de revenus, ne représenteront que
1,7% du total.
Ainsi, je vous promets que notre
investissement commun sera bien employé.
Chère Consœur, cher Confrère, vous le
savez, notre profession a besoin de parler avec force ;
d’une voix unifiée, crédible et claire. Notre Ordre, c’est à
dire nous tous, sera cette voix, son Assurance qualité et
son Plan d’avenir.
Veuillez recevoir, je vous prie,
l’assurance de mes sentiments très confraternels et dévoués.
Dominique LE BOEUF
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