|
Cette fois, ça y est !
L’Ordre infirmier prend corps avec la désignation, par voie
électorale, des 1 874 sièges de conseillers départementaux
titulaires – et autant de suppléants – qui étaient à
pourvoir, entre le 19 et le 24 avril derniers. Mais avec un
taux de participation moyen de 13,73 %, il s’agit tout de
même d’une mobilisation assez faible pour cette élection,
qui constitue une première historique. La Direction de
l’hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), en
charge de l’organisation de ce processus électoral en
partenariat avec les Directions départementales des affaires
sanitaires et sociales (Ddass), a centralisé les votes de
l’ensemble des départements de la métropole, Dom et Tom,
puis proclamé les résultats officiels dans l’après-midi du
jeudi 24 avril 2008.
Un climat agité jusqu’au bout
Pour faire éclore leur Ordre, les infirmiers auront lutté
jusqu’au dernier moment afin de nuancer la rude campagne de
démotivation vis-à-vis du processus électoral menée, sans
relâche, par les détracteurs de l’Ordre, surtout en
Île-de-France. « Dans mon hôpital, des affiches appelant au
boycott des élections de l’Ordre étaient placardées sur tous
les lieux de passage des professionnels », indique un
infirmier des Hauts-de-Seine (92). Ce à quoi la
représentante de la Dhos en charge de l’organisation du
processus électoral répond avec tranquillité : « Cet Ordre
infirmier qui se crée est une œuvre originale, d’autant
qu’il s’inscrit dans un contexte où plus de 80 % des
professionnels sont des salariés. De ce fait, il est évident
qu’il reste encore beaucoup à expliquer pour convaincre du
bien-fondé de cette structure. C’est un exercice difficile
que de se prendre en charge et de s’organiser. Aussi, cela
suscite fatalement des débats, voire des conflits, comme
dans tout exercice démocratique. Mais cette idée d’une
profession “responsable et autogérée” rassemblant les
infirmiers salariés du secteur public et du secteur privé,
ainsi que les infirmiers libéraux, fait sens au sein d’un
système de soins devant relever des défis majeurs pour
garantir des soins de qualité pour l’ensemble de la
population. »
Proclamation des résultats
En ce 24 avril, c’est dans la grande salle Laroque, au
ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la
Vie associative, avenue Duquesne (Paris 7e), qu’ont été
proclamés les résultats. Faisant écho à la faible
mobilisation générale, il n’y avait pas foule pour partager
l’événement : une quarantaine de professionnels, tout au
plus, s’étaient déplacés, parmi lesquels les principaux
responsables syndicaux et associatifs.
• 12 h 35 : la Ddass des Hautes-Pyrénées (65) établit la
première connexion pour transmettre ses résultats. Le taux
de participation est plutôt bon, il s’avérera supérieur à la
moyenne nationale : 23,13 % pour le collège des libéraux, 20
% pour le secteur privé et 12,54 % pour le public.
• avant 13 h viendront dans la foulée les résultats des
Deux-Sèvres (79) et de la Loire-Atlantique (44).
• Puis "grand"blanc" Les informaticiens et les huissiers
missionnés par la Dhos gardent les yeux rivés sur les
ordinateurs. L’ambiance est concentrée, quelque peu tendue.
Engorgement ! Toutes les Ddass envoient leurs résultats et
la ligne sécurisée a du mal à gérer l’ensemble des données
qui affluent. De plus, quelques bulletins sont “coincés”,
ici ou là, dans l’une des 370 urnes électroniques à
dépouiller. Bien peu en fait, mais suffisamment pour freiner
le processus de dépouillement, qui sera rétabli avec succès,
dans l’après-midi.
• Vers 16 h, les résultats sont enfin proclamés département
après département, faisant apparaître un taux de
participation moyen de 13,73 %, soit 68 370 votants sur les
498 020 professionnels inscrits sur le registre Adeli au 31
décembre (voir encadrés). Cette participation assez faible
est cependant à nuancer, du fait des difficultés rencontrées
pour informer certains professionnels : 61 247 courriers des
Ddass ne sont pas parvenus à leurs destinataires (12,29 %
des inscrits), faute d’adresses actualisées ; de plus, bon
nombre de lettres sont restées bloquées dans les
établissements de santé, faute d’adresses précises. |